Écrire avec passion avant tout autre chose

Amoureuse des livres, de la lecture et de l’écriture, cette mère de famille place la sincérité au cœur de sa démarche. Les ambitions commerciales passent au second plan. Avec cinq romans à son actif, TaNou ne se définit pas comme une écrivaine accomplie, mais comme une femme qui partage sa passion à travers ses écrits. Dans un contexte où l’édition reste un secteur fragile à Madagascar, écrire relève avant tout d’une passion et d’un besoin d’expression.

Très solaire dans la vie, TaNou côtoie pourtant les univers sombres dans ses romans. Trouble post-traumatique, violences domestiques, abus sexuels, conflits conjugaux, etc. ses récits s’intéressent aux blessures invisibles de la société. Ses récits s’intéressent également aux mécanismes humains qui se cachent derrière les actes. Ses personnages cherchent rarement à être aimés. Ils, ou plutôt « elles » invitent surtout chaque lecteur à s’interroger sur : que nous savons réellement des épreuves que les autres traversent ?

Des histoires ancrées à Madagascar

Les romans de TaNou tirent ses sources de la rudesse de la société malgache. Ses inspirations viennent d’ailleurs des échanges dans les rues, des observations du quotidien et des femmes de son entourage. Chaque histoire porte une part de réalité, même lorsqu’elle se déploie dans la fiction.

Derrière chaque ouvrage se cache un processus exigeant. Bien que l’autrice improvise beaucoup, ses idées naissent de son environnement, des détours d’une conversation ou un point marquant sur groupes publics sur les réseaux sociaux. Parfois, elle s’inspire même des « Bonjour Lova Rabe, mba atao anonyme azafady… ».

Des livres qui nous apprennent à regarder autrement

Les romans de TaNou s’adressent à un public adulte et averti. Son contenu nécessite une grande capacité à accueillir des récits parfois dérangeants sans réduire les personnages à leurs actes. Son message est clair : personne n’est obligé d’être d’accord avec un personnage pour chercher à la comprendre.

En d’autres termes, ces livres appellent davantage à la compassion et à la bienveillance. Ce qui parait paradoxal, car ce sont des ouvrages très psychologiques non recommandés aux âmes sensibles.

Des défis sans conséquence sur la motivation

Comme de nombreux auteurs dans le monde, TaNou observe avec inquiétude la transformation du monde du livre. En dehors du fait que les auteurs ne peuvent pas vivre de leur métier, des menaces continuent à peser sur leur dos. C’est le cas des téléchargements illicites de livres numériques qui fragilisent un secteur déjà précaire.

L’intelligence artificielle soulève également de nombreuses questions. Pour l’autrice, la technologie peut être un outil. Cependant, elle ne remplace pas la profondeur émotionnelle et l’expérience humaine qui nourrissent l’écriture jusque-là.

Les mots de la fin…

Écrire n’est pas une course. C’est un moyen de transmettre, de questionner et de laisser une trace. À celles et ceux qui hésitent encore à créer, son conseil est simple :

« commencez avec que vous avez, avec ce que vous savez… ».

D’ailleurs, les histoires les plus sincères naissent souvent de l’imperfection, de l’observation du monde et du courage d’exprimer ce que l’on ressent.