Travailleurs sociaux, un métier encore méconnu

Le métier de travailleurs sociaux est encore mal connu à Madagascar. La raison est simple : il est confondu avec les actions caritatives. Pourtant, le métier se décline en trois principales fonctions précises à savoir : éducateur spécialisé, animateur de développement social et assistant social. Être éducateur spécialisé par exemple, c’est assister individuellement des personnes, en situation de handicaps, en détresse psychologique, etc. En revanche, le rôle d’animateur de développement social consiste à assister les communautés jusqu’à ce qu’elles atteignent leur autonomie.

Les travailleurs sociaux travaillent également en réseau. Ils sont en contact avec des psychologues, des médecins, des associations, des institutions publiques et privées. Ce réseau est important dans le sens où le travailleur social arrive parfois à la limite de ses compétences. Dans ces situations, il réoriente les personnes et/ou les groupes vers des professionnels plus en mesure de traiter leur situation. À chaque étape de leur métier, le travailleur social est tenu au secret professionnel.

Derrière les drames, des réalités souvent invisibles

Pour ces travailleurs sociaux, la première étape consiste toujours à observer leur bénéficiaire, leur environnement et la structure qui l’entoure. Cette procédure permet de trouver les causes profondes des problèmes pour pouvoir proposer des solutions adaptées.

Les situations rencontrées sur les terrains ne sont pas toujours paisibles. Entre les cas de grossesses précoces, violences sexuelles, d’exploitation des enfants, les ruptures familiales et de détresse psychologique, les travailleurs sociaux se spécialisent souvent dans un secteur précis. Dans l’une de ces situations, les travailleurs sociaux rencontrent toujours des difficultés à faire parler les victimes. Les tabous autour de la sexualité, santé mentale, violence, poids des traditions, religion et fady ralentissent les changements de comportement.

Ces règles sociales deviennent parfois des obstacles à la protection des personnes. L’objectif n’est jamais l’assistance permanente, mais l’autonomisation. Pour y parvenir, cependant, il faut de la volonté de la part du bénéficiaire. Dans le cas contraire, le temps de l’autonomisation peut prendre plusieurs mois voire plusieurs années.

Les détresses et la santé mentale … changer de regard

Suite à un drame, la société cherche souvent un coupable plutôt que de comprendre le parcours des concernés. La dépression reste assimilée à la folie, ce qui retarde la demande d’aide. Pour éviter cela, certains signes doivent alerter. C’est le cas des changements de comportement, de l’isolement, des ruptures d’habitudes et des détresses exprimées.

Consulter un professionnel ne signifie pas être « fou ». L’accompagnement peut aussi commencer par une personne de confiance avant d’être orienté vers un spécialiste. Durant la phase de guérison, chaque personne a son propre rythme et il n’existe pas de délai universel pour aller mieux. L’étape qui reste à faire serait de déconstruire certaines idées reçues, notamment autour de l’autisme, qui n’est pas une maladie mentale.

Les mots de la fin …

Les travailleurs sociaux rappellent qu’avant chaque drame se cache une histoire que l’on ne voit pas toujours. Leur métier consiste moins à apporter des réponses toutes faites. Ils s'attachent surtout à créer les conditions propices pour permettre aux personnes et aux communautés de retrouver leur autonomie. Démocratiser ces professions, lever les tabous autour de la santé mentale et apprendre à observer plutôt qu’à juger sont des étapes importantes pour construire une société plus attentive et plus solidaire.