Entreprendre par nécessité ou par passion ?

Dans l’entrepreneuriat comme dans les métiers créatifs, l’argent peut constituer un puissant moteur de départ. “Le déclic, c’était l’argent” est une phrase qui parle à beaucoup de jeunes. Il est totalement faux de croire que l’entrepreneuriat rapporte beaucoup. Ce déclic se justifie surtout par une nécessité, une question de survie. Face aux opportunités limitées du marché de l’emploi, une part importante de ces jeunes envisage l’entrepreneuriat comme une alternative. Vu le caractère limité du fonctionnariat, plus de 60% de ces jeunes préfèrent s’orienter vers l’entrepreneuriat.

Le parcours de Fax est toutefois particulier. Si certaines envies personnelles l’ont poussé à créer, il a surtout fini par transformer cette activité en véritable métier. Sa rencontre avec les carnets personnalisés relève presque du hasard : rien n’avait été planifié. Il avait simplement 6 000 ariary en poche, l’envie de gagner un peu plus d’argent et une idée née en cours de route. Il a fini par avoir son premier client presque le jour même et il s’est lancé. Pour beaucoup toutefois, les anecdotes du départ tournent surtout autour des besoins vitaux.

Ce que le corporate ne peut pas offrir

Les 63% précités en plus de la question de survie refusent également de s’enfermer de 8 à 18h et préfèrent l’entrepreneuriat. Ceux qui vivent de leur activité indépendante rappellent toutefois que cette liberté souvent mise en avant s’accompagne de nombreuses contraintes. Pour faire fonctionner Tia Perso par exemple, Fax n’arrive pas à définir clairement combien d’heures il dépense par semaine. Il arrive toutefois qu’il travaille de 7 à 22h pendant des semaines avant de pouvoir s’offrir des pauses.

Cette flexibilité constitue justement l’un des avantages que beaucoup d’entrepreneurs recherchent. En dehors de cela, la possibilité de travailler à son propre rythme, de fixer ses horaires, de prendre son carnet et de dessiner … et la liste est longue sont quasi impossible en entreprise. Pour certains, ce plaisir de créer agit comme une véritable thérapie. C’est aussi ce qui pousse de nombreux jeunes à privilégier la liberté, même lorsque les revenus restent modestes.

Le coût caché de cette liberté

En dehors des revenus et des horaires qui peuvent varier considérablement, la liberté de l’entrepreneuriat cache beaucoup de revers. La question de fiscalité se retrouve en première ligne. De nombreux entrepreneurs estiment que l’environnement administratif et fiscal reste peu favorable au développement de leurs activités. Ce qui en fait une raison pour lesquels beaucoup de jeunes entrepreneurs abandonnent malgré une vision très clair de leur entreprise. Fax parle d’ailleurs de sa démotivation en cours de chemin. Le fisc lui a pris presque 50% de son chiffre d’affaire.

La conséquence de ce cout agit comme un effet domino sur le reste de l’entreprise : les employés, les formalités et les côtés administrations. Beaucoup de jeunes préfèrent d’ailleurs rester dans le secteur informel pour éviter les impots lourds. En plus de cela, ils finissent par travailler en solitaire, car déléguer veut dire charge en plus.

La plupart des entrepreneurs malgaches finisse par être polyvalent à force de créer, produire et vendre soi-même en même temps. Certains ont des difficultés à vendre puisque cela ne constitue pas leur spécialité. La surcharge de travail peut ainsi peser. Les erreurs de production viennent et les pertes augmentent.

La signification de réussite

Bien que beaucoup parle de “freelancing”, de “liberté financière”, grâce à la créativité et l’entrepreneuriat est un rêve que beaucoup vend. Une réussite pourtant c’est la possibilité de concurrencer les produits importés par exemple. Vu le temps, l’énergie et les matières premières consommés dans la création de produit artisanal, ceci est quasiment irréalisable. Les produits importés coutent souvent la moitié des prix que les artisans peuvent proposer pour vivre décemment.

A l’ère de l’évolution technologique, une réussite serait également de ne pas se faire remplacer par l’IA. Pour Fax, la crainte demeure car même les métiers de précision comme chirurgien sont menacés actuellement. La situation peut cependant se régler par la valorisation du “made in Mada” du côté des consommateurs et de la qualité du côté des producteus et vendeurs.

Les mots de la fin …

Le parcours de Fax et de Tia Perso éclaire à la fois sur les apports et les revers de choix. 8-18 ou entrepreneur, chaque choix a son prix. Le premier paie pour la stabilité et le second paient pour la liberté. Chez Agnaro News, nous admirons ce que Fax a su faire de son entreprise en six ans. Après tout, un motto comme “Accrochez-vous à vos rêves” est synonyme de perseverance bien évidemment.